Archive | décembre, 2012

Première visite officielle du gouvernement français au Maroc

19 Déc

Quelques semaines avant la visite du Président de la République française à Rabat, son Premier Ministre, accompagné d’une importante délégation ministérielle, est venu préparer le terrain avec ses homologues marocains. Dialogue politique, contrats industriels et économique, inauguration du tramway de Casablanca étaient au menu de ce déplacement officiel.

Du 12 au 13 décembre, Jean-Marc Ayrault a ainsi insisté sur l’intention de Paris de resserer ses liens avec le Maroc, pays considéré en France comme un « pôle de stabilité » régional.

Abdelillah Benkirane, Chef du Gouvernement marocain, a souligné les relations spéciales qui lient la France et le Maroc au delà des couleurs politiques en louant le partenariat d’exception et la densité de la relation entre les deux voisins. Le Premier Ministre a tenu des propos similaires auprès du roi Mohamed VI.

Ce déplacement de Jean-Marc Ayrault était surtout placé sous le signe du partenariat économique. La France est en effet le premier investisseur étranger au Maroc. Plusieurs conventions ont été signées lors de ce séjour avec à la clé des prêts d’un montant de 280 millions d’euros en contrats industriels. Le gouvernement français a également profité de l’occasion pour promouvoir le concept de colocalisation protecteur des emplois des deux côtés de la Méditerranée. C’est un pacte de coproduction que souhaite mettre en place Paris avec ses partenaires maghrebins afin de faire face ensemble à la concurrence mondiale .

«Le Maroc a engagé, depuis plus d’une dizaine d’années, des réformes de grande ampleur qui méritent d’être saluées», a déclaré M. Ayrault. Le Maroc, qui a engagé plusieurs chantiers notamment au niveau de ses infrastructures et créé des pôles d’excellence dans l’industrie et les services, a réussi une croissance d’un nouveau type qui est venue conforter la nouvelle constitution a poursuivi le Premier Ministre.

Enfin, M. Ayrault a, une nouvelle fois, confirmé le soutien de la France à la position marocaine sur le Sahara marocain.

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La reconnaissance du Sahara occidental par le Parlement suédois ou comment faire preuve d’irresponsabilité internationale

12 Déc

parlement suédoisLe Parlement suédois a reconnu, le 5 décembre 2012, la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). C’est la première fois qu’un Parlement d’Europe reconnaît la RASD. Gilles Pargneaux, Président du groupe d’amitié UE-Maroc et député européen ne peut que déplorer le vote suédois.

La reconnaissance de la RASD par le Parlement suédois est triplement irresponsable. Irresponsable vis-à-vis de la recherche d’une solution politique et pacifique du conflit, de l’inquiétante situation au Sahel et de l’émergence tant attendue de l’Union pour le Maghreb Arabe.

Le conflit au Sahara marocain doit trouver une solution sous l’égide de l’ONU et il est du devoir des diplomates et hommes politiques européens de favoriser une solution politique dans ce confit. Adopter une position de franc-tireur comme l’a fait le Parlement suédois me semble tout à fait inutile et contreproductif.

La RASD ne remplit d’ailleurs pas les critères pour être reconnue comme un Etat à part entière. C’est le porte parole du ministère des Affaires Etrangères suédois, Anders Jörle, qui le reconnait lui-même : sans gouvernement assurant le contrôle du territoire, reconnaître la RASD est impossible. Or, force est de constater que le Polisario n’a absolument pas le contrôle de son territoire : trafic de d’armes, de drogues, traite d’être humain, recrutement terroriste sont le quotidien des habitants des camps de Tindouf. Ce n’est pas ce qu’on qualifierait de contrôle du territoire. Laisser penser qu’un territoire soumis aux tensions terroristes et aux frontières aussi poreuses que la RASD peut être autonome est totalement inconscient et dangereux. N’oublions pas que le Sahel, région limitrophe de la RASD, est la frontière géopolitique de l’extrême Sud de l’Union Européenne et que nous ne pouvons pas permettre qu’un Etat Polisario devienne un sanctuaire pour les terroristes qui sévissent dans le Nord Mali.

La proposition d’autonomie sous égide marocaine du Sahara marocain est le gage d’une sécurité que la reconnaissance de la RASD n’apportera jamais. Mais plus encore, c’est le gage d’une stabilité et d’une fin des tensions entre le Maroc et l’Algérie qui sera le terreau fertile pour l’éclosion de l’Union du Maghreb Arabe. Sans cet état de fait, la future union régionale est vouée à l’échec alors qu’elle pourrait être le meilleure partenaire de l’Union européenne pour peser face aux puissances économiques émergentes de la mondialisation. En reconnaissant la RASD, le Parlement suédois a apporté une pierre de plus à la montagne de difficultés qui empêche l’avènement du l’Union pour le Maghreb Arabe.